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Les HERNOUT et l'Algérie.

 

     En 1830, peu de temps avant d'abdiquer, Charles X, alors Roi de France, envoi une expédition punitive en Algérie suite à des différents avec le dey d'Alger.

 

     En 1834, Louis-Philippe successeur de Charles X ordonne la conquête de l'Algérie.

 

     Le 21 juin 1836, Jean-Baptiste HERNOUT (1), né le 17 septembre 1809 à Saint-Omer, fils d'un couple de HERNOUT (Jean-Baptiste HERNOUT et de Marie Catherine HERNOUT), épouse à Saint-Omer Cécile Bernadine DUPREZ (2), née le 18 août 1814 à Saint-Omer, fille de Henri Joseph DUPREZ et de Marie Cécile VANBACK.

 

     En octobre 1837, la ville de Constantine est prise.

 

     En décembre 1840, le général BUGEAUD qui est nommé gouverneur général est autorisé à étendre l'occupation. A partir de 1844, des colons français sont envoyés afin de consolider la colonisation, des territoires seront spécialement créés afin de faciliter leur venue.

 

     Le couple vivra jusqu'en 18491 à St-Omer. Jean-Baptiste (1) sera jardinier, comme ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents, nés eux aussi à Saint-Omer tandis que Cécile sera ménagère.

     A Saint-Omer, le couple va donner naissance à 6 enfants :

  • Cécile Fideline (3), le 2 mars 1837, qui décèdera quelques mois après, le 20 août 1838 ;

  • Jules (4), le 17 février 1838 ;

  • Juliette (5), le 6 mars 1840 ;

  • Pacifique (6), le 1er juin 1845 ;

  • Cécile (7), vers 1846 ;

  • Marie Catherine (8), le 8 juillet 1847.

     En 1849, Jean-Baptiste HERNOUT (1) prend la décision de partir avec sa femme et ses 5 enfants en bas age pour l'Algérie.

 

     Ils acceptent de s'installer parmi 54 familles venu majoritairement du Pas-de-Calais, de la Marne, de la Drome et du Doubs à Assi-Bou-Nif, village soumit au régime militaire situé à 15 kilomètres d'Oran qui vient d'être créé en décembre 1848.

 

 

     On leur donne une concession provisoire gratuite de 2 à 10 ha2, qui deviendra définitive qu'au bout de 3 ans suivant les résultats obtenus. Chaque colon va recevoir une maison, une pioche, une binette et une fourche en fer.

 

     Alors qu'en France, Assi-Bou-Nif est « vendu » pour être un petit paradis pour tout ceux qu'y accepterons de s'y installer, la réalité en Algérie est toute autre.

     Dès le départ,  Assi-Bou-Nif c'est le cauchemar ! Les maisons promises ne sont pas construites et les arrivants sont obligés de dormir sous des tentes. Les terres sont couvertes de chênes-verts, d'oliviers sauvages, de lentisques et de palmiers-nains. Le sol qui est dur à défricher cache un sol très maigre recouvrant un sous-sol calcaire qu'il faudra désagréger en blocs, et enlever à la main avant d'envisager toute culture. Sur les 800 ha que compte Assi-Bou-Nif seulement 40 ha étaient cultivables en 1850 et moins de 200 en 1855. Les premières récoltent vont être dévorées par des bêtes sauvages, affamant la population qui doit se contenter d'asperges sauvages, de pissenlits, de champignons, d'escargots, de moineaux et de soupes de tortue. La population non préparée à tout cela, devra en plus faire face, dès le début, au choléra qui va décimer de nombreuses familles.

 

     En 1850, 26 familles vont déjà abandonnées. Elles seront remplacés la même année et l'année suivante par des familles majoritairement Alsaciennes.

 

     En 1852, Assi-Bou-Nif dénombre 25 maisons de 4 pièces, 9 maisons de 2 pièces, 27 boeufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues et 7 charrettes. Le territoire de concession augmente lui de 400 ha.

     Le 18 juin, les militaires transmettent le pouvoir aux autorités civiles, et le premier maire sera Maurice BOULME.

     Initialement rattaché au cercle d’Oran, Assi-Bou-Nif fait ensuite partie du district d’Arzeu.

 

     Le décret impérial du 31 décembre 1856 créé 28 nouvelles communes dont Fleurus ;  Assi-Bou-Nif devient une annexe de ce village.

 

     Pendant cette période très dure, Jean-baptiste et Cécile vont quand même donner naissance à 5 enfants tous nés à Assi-Bou-Nif :

  • Charles (9), vers 1853 ;

  • Fidèle Désiré (10), le 3 novembre 1853 ;

  • Elisabeth Marie (dit Henriette) (11), le 19 novembre 1855 ;

  • Charles Henri (12), le 11 juin 1858. Il décèdera le 17 août 1859.

  • Vital Léon (13), le 20 avril 1860.

     En 1858, leur fils Jules (4) âgé de 19ans décède à Fleurus.

 

     Le 9 mai 1860 à Assi-Bou-Nif, Juliette (5) épouse Mathurin LEBARU, cultivateur, né le 21 avril à Lanpains en France

 

     Le 12 octobre 1862, Jean-Baptiste (1) âgé de 53ans décèdera à Oran, laissant Cécile avec 8 enfants âgés entre 2 et 22 ans.

 

     Le 30 janvier 1865, alors célibataire, Pacifique (6) donne naissance à Marie (7).

 

     Le 22 septembre 1870 Assi-Bou-Nif est enfin érigée en commune de plein exercice.

 

     En 1870, Cécile (7) est domiciliée à Oran, elle est domestique. Le 19 mars, alors célibataire, elle donne naissance à Auguste Joseph (14) qui décèdera trois mois après le 30 juin 1870.

 

     Le 18 juin 1874 à Oran, Elisabeth (11), alors célibataire, donne naissance à Ernest (20).

 

     Le 16 janvier 1875 à Assi-Bou-Nif, Marie Catherine (8), ménagère, épouse Ernest LOYAUTE né le 19 avril 1850 à Bercenay-en-Othe en France, soldat actuellement à Oran.

 

     Le 17 décembre 1877 à Bellevue, Juliette (5) épouse Alphonse GUILBERT. Ils auront 2 enfants Alphonsine (15) née le 8 décembre 1871 et Jean (16) né le 29 décembre 1874.

 

     A partir de 1879, le peuplement européen, principalement français et espagnols s'accélère.

 

     Le 14 mai 1881, Cécile (2) décèdera à Oran à l'âge de 66 ans.

 

     Le 25 octobre 1884 à Oran, Marie (7) épouse Jean Joseph SCHARBOK, employé au chemin de fer, né le 26 mai 1851 à Boufarick et naturalisé français en 1879. Ils divorceront le 2 juillet 1900 à Oran.

 

     Vital (13), cultivateur épouse Rosa FONT. Ils auront trois enfants : Juliette (17) née le 11 avril 1884 à la Mare-d'eau, Vital (18) né le 26 juillet 1888 à st-Denis-du-Sig, et Cécile (19) née le 25 février 1895 à la Mare-d'eau.

 

     Le 22 octobre 1887 à Bellevue, Fidèle (10), cultivateur, épouse Francisca NAVARRO.

 

     Le 21 novembre 1888 à Oran, Elisabeth Marie (11) épouse Emile LEROY, sommelier, né le 20 juillet 1857 en France à St-Quentin. Ils auront deux enfants ensemble : Eloise et Emile LEROY.

 

     Le 9 mars 1889, Pacifique (6) se marie à Oran avec Jean POUPARD, cultivateur, né le 12 novembre 1846 en France à Beaumont. Ils résideront au moins jusqu'en 1902 à l'Hillil.

 

     Charles (9), cultivateur, épouse Louise NAVARRO. Le 6 octobre 1892, il décède à Mostaganem.

 

     Le 18 août 1895, Elisabeth Marie (11), domestique, décède à Arcole.

 

     Le 20 octobre 1900 à Bellevue, Ernest (20), jardinier, épouse Maria TERUEL, née le 13 décembre 1879 à Antlas en Espagne. Ils auront trois enfants : Ernest (21) née à Bellevue le 19 décembre 1902, Henri (22) né à Bellevue le 26 juillet 1905 et Fernande (23).

 

     Le 22 février 1902 à Oran, Marie (7) épouse Francisco CANOVAS, négociant, né le 20 mai 1865 à Lorca en espagne.

 

     Juliette (17) épouse le 18 juillet 1903 à St-Denis-du-Sig, Domingo ALFOSEA, boulanger, né à St-Denis-du-Sig le 5 novembre 1877.

 

     Cécile (19) épouse le 31 aout 1921 à Saint-Lucien, Ferdinand HOFFMANN.

 

     Fernande (23) épouse Joseph BARANCO, rémouleur.

 

     Ernest (22) épouse Encarnacion Linares GARIDO, née le 4 janvier 1906 à Adra en Espagne.

 

     Le 8 septembre 1928 à Mostaganem, Henri (22) épouse Marie-Antoinette NAVARRO, née le 3 décembre 1911 à St-Aimé. Ils auront deux enfants : René né le 17 juillet 1929 à Mostaganem et Henri né le 15 septembre 1934 à Mostaganem.

 

     En mars 1930, Marie Catherine (8) décède en France à Estillac .

Le 28 décembre 1942 à Perregaux, Jean (16) épouse Jeanne OROLES.

 

     En 1955, la commune comptera 2005 habitants dont 407 européens. On y trouvera entre autres 135 ha de Céréales, 139 ha de cultures maraîchères et 750 ha de vignobles.

 

     Le 22 avril 1958, Henri (22) décède à Mostaganem.

 

     En 1962, la tension entre les populations européennes d'Algérie et les populations musulmanes se traduisent par une multiplication des attentats et une exode massive vers la France d'Européens et de Musulmans désirant demeurer en France.

 

     Les HERNOUT quittent tous le territoire.

 

     Le 1er juillet 1962, la République Algérienne devient indépendante.

 

 

1 : 1849 est la date la plus probable, mais elle est approximative, elle se situe entre 1849 et 1853.

2 : ha = hectare.

 

 

Pour en savoir un peu plus :

http://www.piedsnoirs-aujourdhui.com/assibou.html

http://www.algerie-francaise.org/silafrance/assibounif.shtml

http://encyclopedie.pieds-noirs.info/index.php/Historique_Assi_Bou_Nif_-_Ville